Le pôle métier Climat & Air


Depuis 2014, GeographR coanime le pôle métier Climat & Air du CRIGE-PACA, en partenariat avec la Région PACA et le Centre régional d’information géographique en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRIGE-PACA). Ce pôle métier a été créé afin d'engager une dynamique sur les enjeux du climat et de l’air. Le but est de favoriser les échanges et le dialogue entre les acteurs régionaux, de faciliter l’accès à la donnée, de former les utilisateurs, d'encourager le partage et le transfert des connaissances, mais aussi le retour d’expériences, la mise en réseau des acteurs régionaux, l'innovation et la recherche, la mise à disposition des études scientifiques et techniques, la production de données et d'outils nécessaires à une meilleure gestion des actions favorisant l’adaptation au changement climatique et l’amélioration de la qualité de l’air…

 

Depuis sa création, le pôle métier Climat & Air a été très actif : réunions plénières accessibles à tous les professionnels, formations et sensibilisation (projections climatiques, télédétection), animation d’un blog (actualités, portraits…), création de l’atlas en ligne CLIMET-PACA, développement du réseau d’acteurs régionaux…

 

L’atlas Climet-PACA est un bel exemple de collaboration : cet outil a été créé en partenariat avec Météo-France, l’INRA, la Maison de la météo et du climat des Orres (MMCO) et le CIRAME. Il met à disposition des acteurs régionaux une visionneuse ouverte à tous. Cet outil cartographique en ligne, en évolution constante pour offrir de meilleures fonctionnalités, permet de diffuser et de valoriser les données géographiques régionales.

 

Pour accéder directement à l’atlas CLIMET-PACA, cliquez ici

 

Pour découvrir le blog du pôle métier Climat & Air, cliquez ici


Témoignages

Le pôle métier Climat & Air du CRIGE-PACA interroge régulièrement des chercheurs, des décideurs, des gestionnaires, des sportifs, des citoyens, etc. pour savoir comment ils appréhendent les enjeux du climat, du changement climatique et de l’air, de l’échelle globale à locale. En voici quelques extraits...

Face au changement climatique, comment réagissent les glaciers du Parc national des Ecrins ? Quel impact sur les ressources en eau ?

« D’une manière générale, les plus gros glaciers du Parc national des Ecrins régressent et les plus petits ont tendance à disparaître. En 30 ans, la surface englacée du massif est passée de 100 km² à 63 km² aujourd'hui. Une trentaine de glaciers d’une superficie inférieure à 10 hectares n’existent déjà plus. Les glaciers ont un rôle de régulation des cours d’eau. En fin d’été, l’apport d’eau des torrents vient essentiellement de la fonte de la glace (pour les vallons qui ont des glaciers !). On va certainement vers des débits torrentiels très fluctuants : crues au printemps et étiages importants à l’automne. Sans compter que le stock d’eau solide que constituent les glaciers diminue et que le niveau des océans monte ! » Martial Bouvier, garde-moniteur, pilote du groupe "Glaciers", Parc national des Ecrins, janvier 2015.

 Le changement climatique menace-t-il les vignobles de notre région ?

« Les répercussions du changement climatique sur les terroirs viticoles sont bel et bien visibles. La hausse des températures de l’air joue un rôle majeur en avançant les stades phénologiques. Dans le sud de la France, les périodes de sécheresses estivales peuvent causer des dommages sur la vigne, et la ressource en eau, mais aussi les problèmes d’ordre phytosanitaire, soulèvent des questions. Mais il existe des techniques vitivinicoles pour atténuer les effets du changement climatique ou pour s’y adapter. Lors d’une vague de chaleur, le viticulteur peut, par exemple, laisser davantage de feuilles pour éviter l’échaudage des baies de raisins durant la maturation. » Elodie Briche, chargée de recherche au sein du LPED (Laboratoire Population, Environnement, Développement), septembre 2016, Marseille.

 Sommes-nous tous à égalité face au bouleversement climatique ?

« Non. Les conséquences du changement climatique sont très contrastées. La hausse des températures au Pôle Nord est très significative (recul de la banquise, fonte du permafrost…), tandis que d’autres régions du globe subissent moins les effets du réchauffement. En termes de pluviométrie, la répartition spatiale sera également inégalitaire : des zones déjà arrosées seront plus humides, alors des secteurs arides le seront encore plus. Trois quarts de la population subiront l’impact du bouleversement climatique, notamment en zones côtières (îles submergées par exemple) ou dans les régions sèches comme le Sahel. Les pays du Sud seront les plus touchés et les déséquilibres Nord-Sud seront encore plus prononcés. Bref, rien de réjouissant, même si ici ou là des opportunités se présenteront, comme l'introduction de nouvelles cultures. En PACA, il sera possible de cultiver le pistachier, par exemple, mais, d’un point de vue général, les effets favorables seront très limités (moins de chauffage en hiver…), surtout si les ressources en eau diminuent. L’adaptation au changement climatique sera nécessaire, mais elle se fera aussi en fonction de la richesse des régions ou des pays. » Bernard Seguin, récompensé par le Prix international Norbert Gerbier de l’OMM en 1985 ou encore le Prix Nobel de la Paix en 2007 au titre de sa participation aux travaux de rédaction du rapport du GIEC, responsable de la Mission sur le changement climatique et l’effet de serre (MICCES) de 2002 à 2012, à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), juin 2014.

Dans votre film Une Planète & une civilisation, vous partez à la rencontre de six habitant(e)s du monde ayant des modes de vie et des préoccupations à première vue opposés. La perception du changement climatique varie-t-elle selon les sociétés et les cultures ?

« Les modes de vie de ces six personnes sont effectivement très contrastés, mais le dénominateur commun est le climat, car tous dépendent des conditions climatiques locales, sous les diverses latitudes, de l'Arctique à l'Amazonie, du Pacifique à l'Himalaya. Se rendre compte que le climat dirige nos vies est le moteur du film. Chaque rencontre est singulière et très personnelle, mais le discours relayé est in fine universel : comment vivons-nous sur Terre ? Comment dépendons-nous du climat ? Quel avenir climatique et humain nous attend ? Avec ce bouleversement planétaire, nous serons tous gagnants ou tous perdants. Chaque société a sa propre vision qui dépend des croyances, des besoins directs pour l'agriculture ou du niveau d'éducation de la population. En France, on a une vision plutôt scientifique ou économique de l'enjeu. Mais les six hommes et femmes que j'ai rencontrés ont une approche de terrain à la fois très réaliste et pragmatique : ils observent directement l'évolution des variables climatiques, que ce soit les précipitations ou le rythme des sécheresses dont ils dépendent tous très largement. La stabilité du climat est même vitale pour certains d'entre eux. Tout est une question d'équilibre. » Gaël Derive, expert et témoin du dérèglement climatique, janvier 2015.

Pour mieux comprendre les interactions entre société et environnement, quel rôle peuvent jouer les géographes ?

« Le géographe assure l’articulation entre les sciences physiques et humaines. Face au changement climatique, son diagnostic peut contribuer à une meilleure compréhension des enjeux et interactions qui affectent les sociétés. D'une manière générale, anticiper un changement dont on ne perçoit pas bien les effets relève de la gageure car, contrairement aux catastrophes dont les conséquences sont immédiates (tremblements de terre, tsunamis, éruptions volcaniques…), ceux attendus du changement climatique, même s’ils sont d’ores et déjà décrits, restent discrets et le seront encore pendant quelques décennies. Plus tard, au cours de la seconde moitié du XXIème siècle, il en sera autrement, mais les populations se sentent aujourd’hui peu concernées par une telle échéance. En anticipant les risques et les crises si aucune mesure visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) n’est prise, le géographe peut apporter des éléments susceptibles de faire avancer le débat et encourager les individus à changer de comportement. » Daniel Joly, directeur de recherche (CNRS) au laboratoire ThéMA de l’université de Franche-Comté, octobre 2014.

 

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